Même si notre mission d’information porte principalement sur les impacts du prix de l’électricité pour les entreprises, nous tenions, avec mon collègue Philippe Bolo, à entendre les organisations qui représentent les consommateurs particuliers.
Nous avons donc auditionné les associations de consommateurs CLCV et UFC-Que choisir, laquelle a rendu public en février une étude qui prédisait une augmentation des factures de 19% au 1er janvier prochain, soit 250 € pour un ménage moyen. (Électricité – La nouvelle régulation fera flamber la facture des consommateurs – Action UFC-Que Choisir – UFC-Que Choisir)
Lors de la parution de cette étude, le Gouvernement avait contesté les chiffres annoncés par l’association mais sans présenter son propre calcul. Et pour cause : le mécanisme qu’il a inventé et imposé par 49.3 repose sur des incertitudes à tous les étages, en plus d’exposer les consommateurs presque intégralement aux aléas du marché européen de l’électricité.
Les associations ont insisté sur deux aspects concernant les tarifs : qu’ils soient justes et qu’ils soient stables. Justes : les factures devraient refléter les coûts réels de production du système électrique français. Stables : les factures le seraient, précisément si elles reflétaient les coûts de production plutôt que de « faire le yoyo » au gré des aléas du marché. Un marché par ailleurs totalement biaisé, qui a favorisé jusqu’ici des « fournisseurs alternatifs » qui ne fournissent souvent rien d’autre que la facture, au détriment de l’opérateur historique EDF.
Des tarifs justes et stables : c’est aussi ce que m’ont dit tous les habitant.es que j’ai déjà pu rencontrer lors des trois premières étapes de ma « Caravane de l’électricité » à Champs-sur-Marne, Emerainville et Noisiel. Personne ne se rêve en « trader » et, même si beaucoup est fait pour que le changement de fournisseur se fasse facilement, nous avons tous autre faire que d’en changer tous les jours.
Familles, entreprises : pour l’instant, je n’ai trouvé aucun supporter du maudit mécanisme du Gouvernement pour rendre les factures imprévisibles. Qu’en pensent les collectivités locales ? C’est ce que je vous raconterez la prochaine fois, après les avoir auditionnées.