Député Maxime Laisney

La semaine dernière, j’auditionnais avec mon co-rapporteur Philippe Bolo deux organisations (l’UNIDEN et le CLEEE) représentants des entreprises de toutes tailles et jusqu’aux plus grands industriels, très gros consommateurs d’électricité : des boulangers jusqu’aux producteurs d’aluminium.

Il ressort de ces auditions qu’aucune de ces entreprises n’est vraiment satisfaite de ce qui est dans les tuyaux pour l’instant. En effet, l’accord conclu entre l’Etat et EDF en novembre 2023, et plus précisément entre Bruno Le Maire (alors Ministre du budget) et Luc Rémont (PDG d’EDF remplacé il y a quelques semaines), a accouché de plusieurs dispositifs très complexes et beaucoup moins protecteurs que ceux en vigueur actuellement.

De manière générale, les chefs d’entreprises se plaignent d’avoir beaucoup perdu en visibilité et prévisibilité, aussi bien termes de volumes d’électricité garantis qu’en termes de prix. Or, pour certains industriels, la facture d’électricité peut représenter jusqu’à 60% des coûts complets de leur production, de sorte que c’est bien souvent cette dépense qui détermine si les résultats de l’entreprise auront été positifs ou négatifs sur l’année.

Sans assurance d’un prix stable et raisonnable, les entreprises annoncent qu’elles ne pourront pas faire les investissements nécessaires au développement de leur activité ou au remplacement de leurs machines à gaz par des machines électriques. Le risque est donc très grand qu’il n’y ait toujours pas de décarbonation de notre économie (en clair, nos entreprises continueront de consommer du gaz fossile dans les 20 ans qui viennent, émettant toujours autant de gaz à effet de serre), ni de réindustrialisation dans nos territoires. Bien au contraire, l’électricité étant parfois bien moins chère à l’étranger, nous risquons de voir se multiplier les délocalisations.

Certains des acteurs se sont dits très favorables à la sortie de la fourniture d’électricité des logiques de marché, pour revenir à des tarifs réglementés pour tous, basés sur les coûts de production du système électrique français. C’est aussi ma conviction. Et c’est la proposition que je vais continuer de tester dans nos prochaines auditions.

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